5.3. PROCESSUS PHYSICO-CHIMIQUESC’est un phénomène qui fait intervenir la floculation de la silice présente à l’état de colloïde ou de méta colloïde dans le milieu aqueux. Cette floculation se produit en milieu riche en alcalino terreux, notamment en milieu estuarien lorsque les eaux douces rencontrent l’eau de mer produisant un gel siliceux par floculation et sa décantation.
L’eau de mer est sous saturée en silice dissoute ce qui entraîne la dissolution des squelettes siliceux dans les eaux superficielles. Dans les eaux profondes (4000 m), la dissolution de la silice diminue du fait des températures basses et de l’augmentation des teneurs en ions silicium : c’est le domaine des « boues siliceuses » (siliceous oozes).
Nous avons déjà vu (Roches sédimentaires, processus chimiques) que la solubilité de la silice dépendait du pH et de la concentration. La solubilité augmente beaucoup pour des pH de 9 à 10, ce qui n’est pas fréquent dans la nature, sauf en milieu lacustre. Ainsi, dans certains lacs l’activité photo synthétique peut amener le pH à des valeurs supérieures à 10. Le quartz et les argiles sont alors partiellement dissous et les eaux deviennent sursaturées en silicium. L’évaporation, l’arrêt de l’activité biologique et/ou l’arrivée d’apport en eau douce peuvent faire baisser brusquement le pH entraînant la précipitation de silice sous forme de gel. Ceci conduit à la formation de roches siliceuses à grain fin appelées « silexites » ou « chert »* ou bien d’accidents siliceux que nous verrons plus loin.
Les gels siliceux sont, au départ en opale amorphe, ils se trouvent, la plupart du temps, à l’état diffus dans le sédiment et se transforme, par diagenèse, le plus souvent précoce, en assembla crypto cristallin de calcédoine, puis de quartz. Ces gels peuvent également « nourrir » les néogenèses des accidents siliceux que nous allons voir maintenant.
* Le terme de « chert », d’origine anglo saxonne, est déconseillé parce qu’il englobe beaucoup de chose et reste imprécis.
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