4.1.1.2.1.1.5. MADREPORAIRES
Les Madréporaires appartiennent à la classe des Anthozoaires ou Coralliaires, embranchement des Coelentérés. Ce sont, le plus souvent, des organismes coloniaux, constructeurs, à squelette calcaire constituant ce que l’on appelle communément les CORAUX.
Il existe des formes dites solitaires et des formes coloniales. Ces dernières sont les plus fréquentes en micro faciès.
Les Madréporaires coloniaux sont constitués de polypiers élémentaires ou calices dont la juxtaposition constitue le polypier d’ensemble [Planche_53, Planche_54].

Le polypier ou calice revêt des formes très diverses. Il abrite la partie vivante (molle) ou polype dont l’ectoderme sécrète le squelette calcitique. Le développement du polypier débute par une lame basale qui donnera le plancher et sur laquelle s’édifie la paroi et les cloisons radiales, ou septa [Planche_55]. Au fur et à mesure de la croissance il s’édifie une succession de planchers qui surélève le fond du calice. Le centre du calice est parfois occupé par une columelle.
Les Madréporaires peuvent constituer à eux seuls une roche. On peut ainsi, parfois, trouver l’ensemble du récif à l’affleurement, la roche est alors constituée uniquement de polypiers en position de vie. Mais, une roche carbonatée est, le plus souvent, constituée de fragments de récifs ou de polypiers. Dans tous les cas, si la recristallisation n’est pas trop poussée, la reconnaissance est relativement aisée. Bien que de morphologie très variée (formes branchues, arborescentes, en faisceaux, ramifiées, massives en plaque, encroûtantes, foliacées, méandriformes etc.), avec des complications par multiplication des cloisons ou bifurcations de celles-ci, le schéma d’organisation donné ci-dessus est toujours lisible (voir également pour plus de détails Théobald et Gama, 1958).
Minéralogie
calcite
Cependant, il est possible que certains Madréporaires du Paléozoïque aient pu avoir été, à l’origine en aragonite.
Microstructure
Fibres ordonnées en faisceaux [Planche_56, Planche_57] de disposition soit radiaire, soit perpendiculaire ou oblique à l’axe de la paroi. Chaque faisceau à pour origine une cellule sécrétrice ou « sclérodermite ».
Si la recristallisation du squelette est très poussée, celle-ci peut oblitérer la micro structure fibreuse. Par ailleurs, les vides d’origine diverses et notamment ceux liés à l’organisation du calice peuvent être, soit remplis de sédiment (en général de la boue micritique), soit comblés par de la sparite limpide de précipitation secondaire. Dans ce dernier cas, la structure du squelette n’apparaît plus, sinon sous forme d’un « fantôme ».

Si le vide n’est que partiellement rempli par du sédiment, celui-ci s’accumule (par gravité) dans le fond de la cavité et constitue un remplissage synsédimentaire en général cryptocristallin (micrite), le reste de la cavité (partie supérieure) est vide ou cimentée par de la sparite secondaire. Ceci peut être utilisé comme critère de polarité pour différentier le bas et le haut d’un dépôt [Planche_58].
Intérêt
Les Madréporaires sont tous des organismes marins. Ils revêtent un grand intérêt géologique principalement par leurs formes récifales qui peuvent donner d’énormes édifices. Les formes coloniales, constructives de récifs, caractérisent les faciès coralliens et indiquent des conditions physico chimiques très strictes de salinité, température, profondeur (conditionnant l’éclairement) de turbidité de l’eau, d’oxygénation. L’éclairement est un paramètre très important parce que le métabolisme des polypes nécessite une algue symbiotique qui a besoin de lumière.
Les polypiers présentent deux modes de vie : le mode ahermatipique pour des formes simples ou coloniales peu sensibles aux variations physico chimiques du milieu parce que dépourvues d’algues symbiotiques et le mode hermatypique pour les formes inféodées à une algue unicellulaire symbiotique (Zooxanthelle) présente dans les cellules et dont le rôle est de l’oxygène, de détruire les produits d’excrétion et d’activer le métabolisme. Ce sont les formes qui construisent les grands récifs coralliens et dont la survie nécessite des conditions physico chimiques très strictes. L’édification des récifs dits coralliens est, en fait, le résultat d’une association d’organismes commensaux. On trouvera plus de détails dans l’ouvrage de Lucas et al., 1977, p. 192).
Exemples de micro faciès à débris coralliens : voir fiches de TP [109] et [114]
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